Faut-il prendre sa retraite en décembre ou en en cours d'année ?

Certains actifs souhaitent partir dès qu’ils ont atteint le seuil de l’âge légal ou du taux plein, mais à quelques mois près, ce n’est pas toujours le bon calcul. Alors, que faut-il savoir avant de commencer son compte à rebours ?



Pour passer de la vie professionnelle à la retraite, nombre d’assurés vont au plus simple : ils se déterminent soit par rapport à la date de leur anniversaire, soit par rapport à celle de leur taux plein, soit par rapport à la date légale d’ouverture des droits. Cette façon de faire n’est pourtant pas la meilleure.


Oui, pour prendre en compte l'année du départ


En effet, il vaut mieux arrêter de travailler un 31 décembre si vous souhaitez voir prise en compte l'intégralité de cette dernière année de travail. Il y a deux raisons à cela.


Valider 4 trimestres l’année du départ


Lorsque l’on cotise sur la base d’un salaire supérieur au plafond annuel de la Sécurité sociale (41 136 € brut en 2022), on se soucie peu du nombre de trimestres retraite acquis chaque année, au cours de la vie professionnelle, puisque celui-ci est forcément égal au maximum, c’est-à-dire à 4... Mais l’année du départ en retraite, les choses sont différentes.


En effet, les régimes de base (régime général, SSI, MSA, CNAVPL pour les professionnels libéraux...) raisonnent uniquement en trimestres civils entièrement accomplis, sans tenir compte des cotisations versées même si celles-ci permettent théoriquement d’en engranger 4.

Par exemple, si vous démarrez votre retraite le 1er juin, il ne se sera écoulé qu'un trimestre civil (janvier, février, mars). Même si votre salaire est suffisant pour valider plusieurs trimestres, un seul sera retenu. Vous aurez donc travaillé deux mois (avril, mai) sans augmenter vos droits à la retraite de base.

Résultat : selon les cas, on se prive d’une surcote ou d’une moindre décote, alors qu’il suffit de viser systématiquement le début d’un trimestre civil pour demander ses pensions et ainsi n’en perdre aucun.


Intégrer le revenu de l’année du départ dans le calcul des meilleures années


Il est fréquent que le salaire perçu la dernière année soit le plus élevé de toute la carrière. Seulement voilà : si cette dernière année n’est pas accomplie à 100 %, c’est-à-dire du 1er janvier au 31 décembre, elle demeure inachevée aux yeux du régime général, qui ne la prendra pas en compte dans les 25 meilleures années de la carrière. Résultat : le salaire annuel moyen, élément clé de la retraite de base, ne sera pas optimisé. Pour éviter cette situation, il n’y a qu’une solution : fixer sa date de départ en retraite début janvier ou début février (voir point suivant).


Attention à l'impact fiscal


L’indemnité de fin de carrière, est imposable au premier euro (sauf situations spécifiques tel un départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi ou d’une rupture conventionnelle collective...). Elle vient en outre s'ajouter aux autres sommes versées pour solde de tout compte (indemnité compensatrice de congés payés...).


Résultat : en cas de départ le 1er janvier, toutes les sommes sont reçues au mois de décembre de l’année précédente. Vous serez soumis à un impôt sur le revenu qui prendra en compte la totalité de votre année salariée à laquelle s'ajoutera le montant de votre indemnité de fin de carrière et votre solde de tout comptes. L’impôt à payer au titre de l’année de perception de ces sommes risque d’augmenter fortement.


Pour éviter cet écueil, mieux vaut les percevoir en cours d’année, fin janvier par exemple (pour un départ début février). Elles s’additionneront cette année là à vos pensions de retraite, toujours plus faibles que vos salaires. Le montant total revenu salarié, pension de retraite, indemnité de fin de carrière et solde de tout compte sera donc moins élevé.


A savoir : depuis 2020 le système de l'étalement des indemnités de départ en retraite a été supprimé. Seule l'option pour le mécanisme du quotient perdure pour atténuer la progressivité de l’impôt, c'est-à-dire une imposition dans des tranches de barème dont le taux est supérieur à celui habituellement supporté.



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