Le groupe de protection sociale dévoile les résultats de son baromètre retraite sur les salariés de plus de 50 ans. On y apprend que si les salariés pensent très tôt à leur retraite, ils la préparent beaucoup trop tard.

Un optimisme qui se traduit par une préparation minimale.

À l’approche de la retraite, les salariés de plus de 50 ans se disent confiants vis-à-vis de leur santé (80%), de leur avenir (75%) et même de leur situation financière (71%).

Pour 64 % des salariés de cette tranche d’âge, la retraite est une nouvelle étape de vie qu’ils envisagent avec confiance et qu’ils anticipent peu. Les retraités de moins de 75 ans sont 82% à déclarer que la transition se passe comme ils l’avaient prévu, voire mieux. Ils sont 89 % à se dire heureux, dont 39 % plus heureux que dans leur vie d’actifs.

Cet optimisme se traduit par une préparation minimale et tardive de leur retraite : à 5 ans de la retraite, seuls 15% d’entre eux disent en préparer l’aspect administratif et 26% l’aspect budgétaire. À moins de 2 ans de l’échéance, ils sont encore respectivement 68% et 41%. Pourtant, 52% d’entre eux se sentent suffisamment informés et ils sont plus nombreux encore (70%) lorsqu’ils se rapprochent du départ à la retraite.

Pour leur travail, 86% des salariés estiment que leur métier leur plaît, 79% se sentent utilisés à la mesure de leur potentiel mais ils sont moins nombreux (67%) à se sentir capables de faire le même travail pendant encore plusieurs années. En revanche, 24% des salariés envisagent de continuer à travailler une fois retraités, notamment par nécessité de compléter le montant de leur retraite (48%), pour rester actif (41%) ou pour concrétiser un projet qui leur tient à cœur (10%). Dans la réalité, seulement 11% des retraités conservent une activité professionnelle.

Si 77% des salariés s’attendent à un changement de train de vie au moment de la retraite, peu d’entre eux prennent l’initiative de s’informer, seuls ou auprès des organismes concernés. 35% d’entre eux disent ne pas chercher d’informations eux-mêmes, 38% déclarent être informés via leur caisse de retraite et 35% via Internet. Par ailleurs, à la question « aimeriez-vous que votre employeur vous accompagne dans la préparation à la retraite ? », les cotisants sont 43% à le souhaiter (+7 points vs 2016).

Epargner davantage pour préparer sa retraite.

Pour le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui a consacré sa séance de travail de janvier à la pertinence d’encourager l’épargne retraite, la question se pose plus que jamais. En effet, ses dernières projections montrent une baisse du niveau de vie relatif des retraités et des taux de remplacement au fil des générations à l’horizon 2070.

Les produits d’épargne supplémentaire offrent la possibilité de se constituer, à titre individuel comme le PERP ou dans le cadre de son activité professionnelle comme le PERCO, une épargne en vue de la retraite, qui vient complémenter les prestations des régimes obligatoires.

Si ces dispositifs se diffusent, ils occupent toutefois une part qui reste marginale en France. Fin 2015, tous produits confondus, le nombre d’adhérents à un contrat de retraite supplémentaire s’élevait à 12,2 millions. Le montant moyen de cotisation à un dispositif souscrit à titre personnel représentait 934 euros, contre 992 euros pour la cotisation moyenne des salariés au PERCO. Quant aux bénéficiaires, ils étaient 2,2 millions à toucher des prestations de retraite supplémentaire en 2015.

Méthodologie : L’étude a été réalisée par OpinionWay pour Malakoff Médéric du 4 au 16 septembre 2017 auprès de 1 005 retraités de 55 ans et plus et 1 000 cotisants de 50 ans et plus, du secteur privé, hors professions libérales.